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Histoire & patrimoine

Le lac de La Terrasse

A la fin des années 1950, une catastrophe bouleverse Fréjus et aura une incidence inattendue sur le village de La Terrasse… Six ans plus tard la région Rhône Alpes prépare avec fébrilité les Jeux Olympiques qui doivent se tenir à Grenoble. Ces deux évènements distants dans le temps et dans l’espace joueront un rôle dans le projet d’un plan d’eau dans notre commune.

Un contexte difficile

Le 2 décembre 1959, des pluies torrentielles s’abattent sur Fréjus. Elles viennent remplir le nouveau barrage de Malpasset. Celui-ci ne résiste pas et cède vers 21h13. L’eau se déverse et ravage campagnes et villages jusqu’à la mer. Cette tragédie va entraîner la faillite de l’entreprise SERBE qui travaillait sur ce chantier et dont la totalité du matériel va partir dans les eaux. Cette société terrassone versait à l’époque une patente (équivalent de la taxe professionnelle d’aujourd’hui) de 130 000 francs/an à la commune et lui assurait la moitié de ses recettes. Le village se retrouve dans une situation délicate.

 

Un projet d’envergure

Les années passent. La région va accueillir dans trois ans les Jeux Olympiques de Grenoble. Il est temps de faire une voie expresse de Grenoble au Touvet. Il faut trouver du gravier. Le directeur de l’entreprise BEC descend de Marseille. Il s’est renseigné et sait qu’il y en a dans la commune de La Terrasse au lieu-dit Les Martelles. Il s’entretient avec le maire de l’époque, Marcel Guichard. Celui-ci saisit l’opportunité et négocie la construction d’un lac que la commune pourra exploiter contre le gravier des martelles. Cela permettra de renflouer les finances de la commune mises à mal depuis la faillite de l’entreprise SERBE. Il soumet cette idée au conseil municipal le 30 décembre 1965.

Un pari réussi

La commune cède un temps la gérance à un concessionnaire mais reprend l’exploitation à son compte en 1968. Roger DUBOIS, figure locale bien connue assure l’année suivante la gestion de la plage et de la buvette pendant la saison d’été. Les recettes générées assurent des bénéfices à la commune jusqu’en 1988. La fréquentation du lac est un succès pour tous ceux qui avaient misé sur la construction du plan d’eau. 2500 personnes viennent profiter de la plage clôturée de thuyas dès la première saison. Au début des années 70, les estivants peuvent assister à l’élection de Miss Lac qui aura lieu chaque année le 15 août. Au fil des ans, curieux, campeurs, promeneurs vont s’arrêter pour profiter d’un site désormais incontournable. La gestion de notre plan d’eau a été cédé à la communauté de communes en 2000. Mais L’histoire du lac reste à jamais liée à celle de notre village

Le Docteur RICCI (1818-1999)

Au sein de la vallée du Grésivaudan se niche la commune de La Terrasse. Cette petite bourgade est une station thermale réputée à la fin du 19ème siècle. Son premier Magistrat, le Docteur RICCI dépense beaucoup d’énergie afin de contribuer à son essor. Arrêtons-nous plus longuement sur son histoire.

Un médecin au grand cœur

Joseph RICCI naît le 26 septembre 1818 à Barraux. Il obtient le grade de docteur en 1845 après avoir brillamment soutenu sa thèse à la faculté de Paris. Les honneurs l’intéressent moins que le soulagement des souffrances humaines et il revient s’installer comme médecin de campagne dans la vallée. Il acquiert une réputation d’éminent praticien et ses collègues de Grenoble, Chambéry ou Valence n’hésitent pas à le consulter. Il est à la fois un homme de science et un homme de coeur. Il cache sous une carapace un peu rigide, une réelle compassion. Il ne demande pas d’honoraires aux plus démunis et règle discrètement la note du pharmacien. La médecine néanmoins n’occupe pas toute sa vie et il est bientôt attiré par les feux de la politique.

Briguer des mandats politiques est une autre façon de se mettre au service de ses semblables. Joseph RICCI entre au conseil municipal en 1860, devient adjoint l’année suivante et accède au statut de premier élu en 1877. Sous son impulsion La Terrasse est devenue une station thermale. Deux ans auparavant, l’eau de la source des Combettes a été captée pour alimenter l’établissement hydro médical du village. Ce dernier se situe dans la propriété actuelle de l’ITEP. Le maire en a la responsabilité médicale. Il veut promouvoir sa commune. Il a le souci de faire profiter de la qualité des soins dispensés au plus grand nombre. Les eaux exercent une action apaisante sur le système nerveux et régulent les fonctions ovariennes et endocriniennes. Il a également des ambitions politiques. La rive droite de la vallée est difficilement accessible. Il faut développer les moyens de transport. Il va être un des partisans les plus fervents de la création d’une ligne de tramway.

Le tramway de Grenoble à Chapareillan

Le 13 Octobre 1894, le maire fait part au conseil municipal de l’intérêt de la création d’une ligne de tramway de Grenoble à Chapareillan qui traverserait le village. Cela permettrait de développer la fréquentation de la station thermale mais également de faciliter le transport de la production agricole et l’approvisionnement de la ganterie. Joseph RICCI met beaucoup d’énergie dans ce projet, dont la réalisation sera confiée à ses successeurs. Il incite les autres communes à souscrire des sommes importantes. Sa détermination sans faille laissera une trace dans l’histoire.

Des distinctions à la hauteur de sa popularité

Le docteur Ricci est un homme aimé. Les électeurs du Canton du Touvet l’envoient siéger au Conseil général en 1883 où ils le réélisent trois fois à une imposante majorité. Il se dévoue à l’enseignement populaire et reçoit les palmes académiques. Il est fait Chevalier de la Légion d’honneur en 1894. Les journaux de l’époque lui rendent un hommage chaleureux et rendent compte de la popularité dont il jouit auprès des Terrassons. La station thermale connaît ses heures de gloire mais finit par péricliter au milieu du 20ème siècle. Le tramway voit le jour mais est concurrencé par des moyens de transport plus rapides. Son exploitation cesse dans les années 40. Les initiatives du Docteur Ricci restent néanmoins un bel exemple de pugnacité de la part d’un maire attentif à l’essor de sa commune.

L’église Saint Aupre

La Terrasse ne manque ni de charme, ni d’originalité. Ses habitants ont construit leur village à distance de leur église. La légende prétend néanmoins que celle-ci a abrité la dépouille d’un saint. Des grands seigneurs ont voulu y reposer et les villageois se sont battus pour la rénover. Mais reprenons le fil de son histoire

Saint Aupre, premier curé de La Terrasse

L’église primitive aurait été construite au XIIe siècle. Elle aurait hérité son nom du premier curé du village. Ce fils de famille reçoit une bonne éducation qui lui permet de faire des études sacerdotales. D’une nature fervente, Aupre suit les évangiles et abandonne sa région natale (Sens dans l’Yonne) pour se consacrer à Dieu. Il entend rejoindre Léporius, évêque de Maurienne connu pour sa sainteté. En route vers la Savoie il est retenu par l’évêque Clarus qui lui confie la paroisse de La Terrasse. Il s’installe dans une vie de dévouement, nourrissant, soignant pauvres et malades. Mais il est victime de la calomnie des habitants et quitte le village. Il part se réfugier en Savoie où il finira sa vie à la fin du VIIe siècle après avoir construit un hospice pour les pauvres. Son corps aurait été déposé dans un reliquaire à l’église de La Terrasse.

Des vestiges qui racontent l’histoire

A proximité de l’église de nombreux vestiges laissent supposer l’existence d’un culte païen dédié à Mercure (dieu des commerçants) bien avant l’église primitive. La découverte d’une inscription funéraire datée de 522 et de deux sarcophages datés des VIIIe et IXe siècles atteste de l’ancienneté des lieux. Selon Pilot de Thorey l’église de La Terrasse telle que nous la connaissons a été reconstruite au Moyen Age sur l’emplacement et avec les matériaux de l’église Saint Aupre. Le porche surmonté d’un clocher donne accès à la nef. Une tribune coiffe l’entrée. Les trois chapelles disposées de part et d’autre de celles-ci datent du XVe siècle. Le clocher actuel date de 1864.

Les témoignages des grands

L’histoire de notre édifice est riche en anecdotes. En 1382, le gendre d’un seigneur de La Terrasse, Aymar de Beaumont exprime le souhait d’être enseveli dans cette église auprès de son épouse. Il pose néanmoins la condition que cette dernière n’ait pas l’idée de se remarier. En 1399, Monseigneur Aimon de Chissé, évêque de Grenoble a la surprise de constater qu’un vicaire porté sur la boisson officie à la place d’un vicaire sourd, avec la complicité du curé en titre. En 1673 Monseigneur La Camus prend les restes des reliques de Saint Aupre pour sa croix pastorale.

La rénovation des années 2000

Le moment le plus touchant de l’histoire débute au début des années 2000. Le village constatant que son église se détériore peu à peu va se mobiliser pour la restaurer. Le maire de l’époque, Georges Bescher, demande au Conseil municipal le 20 mai 1999 de valider le projet de restauration et de l’autoriser à déposer le dossier de subvention au Contrat Global de Développement. Il lance un appel d’offres qui l’amène à embaucher Jean-François Colombier, architecte. Les paroissiens, regroupés sous le nom de « conseil du clocher », proposent à la mairie et à l’architecte de contribuer bénévolement à l’embellissement de la partie en cours de restauration et même de prendre en charge une partie du financement.

Les travaux débutent le 9 mai 2000. Il s’agit de protéger les enduits du chœur. Il faut préserver les fresques qu’il sera possible de mettre à jour plus tard. La commission d’art sacré intervient. Odile Gormand, restauratrice de peintures murales pour les monuments historiques, s’engage à respecter l’intégralité des peintures, dessins et couleurs repris à l’identique. Les travaux se poursuivent non sans péripéties. Claude Schreiber, membre du conseil du clocher, découvre le 12 Juillet 2000, un caveau bâti sous le chœur de l’église. Il faut avertir la Conservation du Patrimoine. Mais l’implication des uns et des autres amènera à l’aboutissement de ce projet.

L’histoire de cette église est avant tout une aventure collective. Elle montre l’unité des habitants qui, au-delà des clivages, se mobilisent lorsque leur patrimoine est en danger. Elle est également un témoignage du passé. Ne vivez pas dans votre village sans aller la visiter.

La maison de retraite « Les Solambres »

Au coeur du bourg, près des commerces, des cafés et de la Mairie se trouve la maison de retraite des SOLAMBRES. Dotée de grandes baies vitrées, ouvertes sur l’extérieur, il n’est pas rare de voir les visiteurs se promener avec les résidents dans la rue principale du village. Elle fait partie de la vie de La Terrasse depuis près de 70 ans. Prenez le temps de lire son histoire.

La prise en charge des personnes âgées

La guerre de 1914-1918 fût une boucherie humaine. Elle sacrifia sa jeunesse, endeuilla les familles et laissa des mutilés, des veuves et des orphelins. En réponse à cette souffrance naquit en 1916 l’office national des anciens combattants et victimes de guerre. Cette association allait tout au long du siècle et des conflits qui allaient le traverser s’occuper des victimes brisées par les guerres. Dès 1918 elle se donne la mission d’héberger les personnes âgées dépendantes. En Isère, l’Union départementale du foyer social des anciens combattants ouvre un hospice le 1er janvier 1949 à La Terrasse. Si ce mode d’hébergement constitue un début de réponse à la souffrance des personnes âgées, il faut attendre le début des années 80 avant de voir la mise en place d’une politique d’humanisation des maisons de retraite. L’institution « Les SOLAMBRES » gérée depuis 1996 par la Mutualité Française de l’Isère s’est inscrite dans cette démarche. La « maison » est organisée en 4 unités de vie de 20 résidents. Ces unités disposent d’un salon, d’une salle à manger, d’un office cuisine. Le personnel, constitué de 80 % de soignants, est investi dans leur fonctionnement. Il a à coeur le bien être des résidents. Encadré par Edouardo Pifano, directeur il tente d’assurer un quotidien agréable aux personnes qui y vivent.

Une EHPAD au cœur du village

La particularité des SOLAMBRES tient non seulement à sa position géographique (elle est située au centre bourg) mais également à sa proximité avec les habitants. L’association « Créations Artistiques et Culturelles » expose chaque année, pour le « printemps des arts » les toiles des résidents à la salle polyvalente du village. L’école élémentaire du village propose en 2012 à la maison de retraite un projet intergénérationnel consistant à mettre en place des ateliers d’écritures dans la classe avec la participation d’Yves Beal écrivain poète. Un an plus tard la Fondation de France, le Conseil Général et la Mairie de La Terrasse collaborent avec l’EHPAD pour mettre sur place un projet de « parole par l’image » dans le cadre de Je Me Souviens .Ce projet invite les résidents, les soignants des Solambres à être des reporters de la vie quotidienne. Il s’agit de laisser une trace visuelle de leur quotidien. Les photos sont montrées sur un panneau mural « la gazette des Solambres » devant la Mairie. Ce projet est retenu par la Fondation de France comme meilleur projet innovant en Isère pour l’année 2013.

Incendie en Isère dans une maison de retraite

L’année 2013, hélas, est marquée par un terrible incendie qui cause 5 morts parmi les résidents des Solambres, fragilise un village et montre néanmoins son exceptionnelle cohésion. Vendredi 23 Août aux alentours de 21 heures un banal court-circuit sur un ventilateur et c’est le drame. La fumée s’échappe d’une chambre. L’établissement commence à prendre feu. Les portes coupe-feu automatiques s’activent et l’alarme est donnée. Le personnel évacue le plus vite possible les résidents. Leurs collègues en congés reviennent aider. Les jeunes du village rentrent dans l’établissement et donnent un coup de main aux soignants. Les habitants apportent des matelas, des couvertures, de l’eau. Les élus arrivent. Jean-Marc Deutsch adjoint au Maire, responsable de la sécurité appelle le SAMU. Le plan de sauvegarde communal est lancé. Les personnes âgées trouvent refuge dans la salle communale. Le sinistre est circonscrit à 22 h 45. Si une partie du bâtiment est inutilisable, la maison de retraite peut néanmoins garder 46 résidents. Les autres sont relogés temporairement à la résidence « Claudette Chesne » à Eybens.

La maison de retraite a des rapports privilégiés avec ses habitants. Ce lien qui ne se dit pas se manifeste à travers les projets faits en collaboration avec la Mairie, l’école. Mais il s’est renforcé lors de l’incendie qui s’est déclaré dans un des bâtiments de l’EHPAD. La jeunesse n’a pas hésité à porter secours à ses aînés entraînant avec elle un mouvement de solidarité sans précédent. Certains actes en disent plus que de longs écrits.

La Foire au Maïs

Chaque année, le 1er dimanche d’octobre, le centre bourg de La Terrasse est arpenté de long en large par un flot ininterrompu de passants. Chineurs invétérés, curieux ou promeneurs, aucun ne manquerait ce rendez-vous annuel qui marque l’automne à La Terrasse. Mais quelle est l’origine de cette Foire aux Maïs qui remplit le centre village de forains, commerçants ambulants et badauds ?

Rencontre avec Marcel Guichard et Michel Maillefaud respectivement Maire et Adjoint de La Terrasse à l’époque de la première Foire aux Maïs. Amis depuis les bancs de l’école terrassone, ils avaient à peine 30 ans lorsqu’ils se lancent dans l’aventure municipale, souvenirs, souvenirs.

« La Foire aux Maïs fut créée par le Conseil municipal réuni le 13 juin 1980, dans l’idée de rassembler deux événements qui jalonnaient alors la vie du village : la vogue du 15 août et une foire d’automne dont l’intérêt périclitait. Avec la Foire aux Maïs nous voulions initier un événement phare à La Terrasse, quelque chose qui durerait dans le temps . » . se souviennent Michel Maillefaud et Marcel Guichard, heureux de ce pari gagné !

Instituée en pleine période de rotation des maïs (la place de la cave était alors marquée par la présence d’un silo à grains dans lequel chaque automne un flot quasi continu de tracteurs venait déverser les récoltes alentours). le nom de Foire aux Maïs, proposé par Jean- Claude Guers, membre du Conseil municipal, s’impose comme une évidence. Les élus de l’époque réunissent alors l’ensemble des présidents d’associations afin que chacun prenne en charge une partie de la Foire. Un Comité de Foire (dont le Président fut longtemps André Serre) est mis en place afin d’assurer les préparatifs de chaque édition.

« Forains, vogues, associations,. les stands qui avaient un caractère plus agricole à l’époque s’étendaient alors du pont du ruisseau jusqu’aux quatre Fontaines, attirant tellement de monde qu’il était parfois impossible d’avancer dans l’avenue du Grésivaudan !. il y avait selon les années de la musique, un défilé de majorettes, un concours de pétanque et même la possibilité de faire un tour en hélicoptère ! » racontent ces anciens élus passionnés qui ne tarissent pas d’anecdotes sur les éditions successives. « Commerçants, associations, habitants,. tout le monde jouait le jeu et s’impliquait dans cette belle fête qui était précédée d’un bal le samedi soir à l’époque » complètent-ils.

Michel Maillefaud et Marcel GuichardPeu de temps après (en 1982), Narcisse Hernandez, membre du Conseil municipal de La Terrasse (dont il sera maire quelques années plus tard), propose d’organiser le Cross des Maïs. Pompiers, employés communaux, société de chasse. chacun est de la partie dans la mise en oeuvre de cette 1ère épreuve sportive aujourd’hui inscrite au challenge intercommunal et qui a longtemps marqué la Foire. Ce n’est qu’au début des années 2000 que le cross du Maïs, coordonné depuis 1989 par Philippe Volpi (conseiller municipal à l’époque), sera dissocié de la Foire afin de faciliter l’organisation de ces deux événements ; d’autant que le vide grenier qui a vu le jour quelques années avant sous l’impulsion de Pierre Touzeau, également membre du Conseil municipal, prend de l’ampleur et donne un nouveau souffle à la Foire !

Animations, fanfares, marchés de producteurs et d’artisans avec le Parc de Chartreuse, forum des associations de solidarité internationale du Grésivaudan, exposition en hommage à Henri Fabre, organisée par Roger Dubois, mise en lumière des savoir-faire d’antan avec l’association Georges Antonin (réinvitée cette année). Durant 35 ans de nombreux événements se sont succédés faisant de chaque édition une rencontre spécifique. « La Foire aux Maïs a même eu l’honneur d’accueillir en 1995 le 35ème Comice agricole du Grésivaudan-Belledonne, un temps fort de rencontre et de valorisation de la vie agricole locale » souligne Georges Bescher, également membre du Conseil municipal de l’époque, et interrogé pour cet article sur les temps-forts de la Foire aux Maïs.

Aujourd’hui, si le maïs n’y est plus guère présent (autrement que sous forme d’une délicieuse polenta) la Foire aux Maïs représente près de 200 exposants au vide grenier, plus d’une cinquantaine de commerçants de tous types, des animations et des bénévoles qui, dès l’aube, placent les exposants, gèrent le parking, accueillent les intervenants pour que tout soit prêt avant l’arrivée des milliers de visiteurs venus de toute la vallée ! Espace de rencontre et de lien, c’est un événement phare de La Terrasse aux yeux des communes extérieures. Et si certaines années la foire s’est déroulée sous de belles trombes d’eau,. la plupart des éditions ont connu un soleil radieux que nous souhaitons allègrement pour cette nouvelle édition 2015 !

Hélène Chevrier (1856- ?)

La Terrasse, comme toutes les communes environnantes, compte des célébrités. Néanmoins, l’histoire de cette enfant du hameau de la Combe, à la voix exceptionnelle, est à la fois romanesque et insolite. Revenons au 19ème siècle et reprenons le fil de l’histoire.

Une enfance à la campagne

C’est en 1856 qu’Hélène Chevrier vient au monde. Elle voit le jour au hameau de la Combe à La Terrasse. La seconde moitié du 19ème siècle voit l’essor industriel de la rive gauche de la vallée du Grésivaudan. Sous l’impulsion d’Aristide Berges qui exploite l’énergie hydro-électrique de nombreuses scieries, des papeteries s’implantent sur l’autre versant. La rive droite reste un espace agricole replié sur lui-même. Le grand père d’Hélène est cultivateur. Les céréales et pommes de terre constituent l’alimentation de base. Les coteaux sont le royaume des vignes et des arbres fruitiers. Le chanvre quant à lui est commercialisé. Le docteur Ricci, autre célébrité locale exerce dans la région et réalise un mandat d’adjoint au maire en attendant de devenir le premier édile du village.

Une soprano à l’Opéra-comique

L’enfant a une voix exceptionnelle ce qui lui vaut d’être remarquée par une dame qui favorise son éducation artistique. Elle monte à Paris. Charles Gounod en fait sa prima donna et lui donne en 1877 le rôle de Marie de Gonzague dans son drame lyrique « CINQ MARS ». Ce drame en quatre actes réunit les caractères de l’opéra-comique et de l’opéra historique. L’histoire est celle des amours contrariées de Cinq Mars et Marie de Gonzague victimes des machinations de Richelieu. La prestation d’Hélène attire les louanges de la critique. Ne dit-on pas d’elle qu’elle s’est tirée adorablement de cette rude épreuve ? Sa voix pénétrante et sonore lui vaut de se produire 6 fois à l’Opéra-comique et ce jusqu’en 1880.

Un retour aux sources

La vallée du Grésivaudan ramène parfois à elle ses enfants. Allevard jouit dès la création de son établissement thermal en 1836 d’une grande notoriété pour les soins accordés aux cordes vocales. Hélène revient chaque année se soigner. Elle se produit au Casino théâtre ou dans le parc thermal sous le kiosque à musique. Elle croise le destin d’Alphonse Daudet en 1879. Une idylle se noue-t-elle entre le romancier et la cantatrice ? Quelques dîners en ville, des balades en calèche laissent supposer une proximité quelle qu’en soit la nature. La critique littéraire n’hésitera pas à reconnaître l’artiste sous les traits de Mademoiselle BACHELLERY une des héroïnes du roman Numa ROUMESTAN (sorti en 1881). L’histoire décrit les aventures d’un homme politique méridional pris dans un engrenage de mensonges qui le conduira à sa perte. L’intrigue se déroule en partie à Allevard.

Une disparition inexpliquée

L’histoire d’Hélène s’arrête brutalement. Au hasard de la toile, certains internautes essaient vainement d’en savoir plus. Qu’est-il arrivé à la cantatrice ? Elle continue sa carrière jusqu’en 1880, donne un dernier concert à Grenoble et puis plus rien. Destin brisé ? Changement de vie ? Certaines hypothèses circulent. Elle aurait émigré vers le Nouveau Monde. Le secret, s’il est connu par certains, reste à ce jour bien gardé. Hélène Chevrier fait partie intégrante de l’histoire de La Terrasse. Les sites sur la toile font allusion à sa carrière, aux œuvres auxquelles elle a participé. Elle n’en demeure pas moins une des plus mystérieuses jeunes femmes auxquelles il peut être donné de s’intéresser. Libre aux mélomanes de pousser l’enquête !

Photos tirée du livre « 101 personnages célèbres du Grésivaudan » de Georges Salamand et de Claude Muller, avec l’aimable autorisation des auteurs.

Le Château du Carre

Reconstituer l’histoire du château du Carre, qui domine la vallée et le bourg de La Terrasse n’est pas chose aisée tant les différentes dates semblent s’enchevêtrer.

C’est au fil des siècles que s’est modelé le château, constitué de deux corps de bâtiments accolés à des époques différentes. En effet, si la partie la plus ancienne de cette maison forte pourrait remonter au XIIIème siècle, c’est dans le courant du XVIIème siècle qu’un second corps de bâtiment, pourvu de fenêtres à meneaux, est venu se greffer perpendiculairement au premier du côté de la vallée. Mais tentons d’en savoir plus sur les différents occupants de cette maison forte particulièrement bien conservée.

Les textes d’archives mentionnent en 1339 Johannes Berlo, fils d’Eustache Berlioz, connu en 1290, un seigneur résidant dans le mandement de La Terrasse. Cette lignée, éteinte vers le milieu du XVème siècle semble être celle des premiers occupants de la maison forte du Carre, autrefois nommée « Le Berlioz « . Le blason de la famille orné  » de gueules au sautoir d’argent  » et « cantonné de quatre fleurs de lys d’or  » figure d’ailleurs dans une chapelle latérale de l’église Saint Aupre sur une lampe probablement ajoutée par les Berlioz au XVème siècle. C’est un certain Odet de Beaumont (la puissante famille du voisinage) qui fit bâtir au XVème siècle, les trois tours rondes. Deux siècles plus tard, Antoine de Chaulnes lui enleva, partiellement, sa rudesse militaire et Gasparde, sa fille, qui épousa Paul Aymon de Franquière, y reçu au printemps 1630, le Maréchal de Bassompierre. Abel de Sautereau, seigneur de Chasse et premier Président de la Cour des Comptes du Dauphiné, en hérite en 1674 et c’est sa descendante, une Chossat de Montessy qui vend « Le Carre », le 25 Septembre 1827, à Antoine Poulat. La maison forte est alors partagée au XIXème siècle entre huit copropriétaires, avant d’être rachetée par Monsieur Spératti, chimiste qui la revend à Henri Fabre en 1927.

Henri Fabre et le chateau enneigéIssu d’une grande famille de marins et d’armateurs depuis plusieurs générations et Dauphinois par sa mère, Henri Fabre, né le 29 novembre 1882, partagera sa vie entre Marseille, Lumbin et La Terrasse. Très jeune, il s’intéresse à toutes les techniques nouvelles et en particulier à l’aviation. A 14 ans, il lance un planeur modèle réduit du haut de la falaise de St-Hilaire du Touvet et réalise en 1910 le premier vol en hydravion, dont il sera l’inventeur. Invité d’honneur des championnats internationaux de deltaplane en 1979, son nom et son aura marque aujourd’hui encore les différentes éditions de la Coupe Icare. Epoux de Mademoiselle Germaine de Montgolfier (une autre grande famille conquérante de l’air), il mourut en 1984, à l’âge de 101 ans. Le château du Carre sera alors occupé par l’un de ses fils, Roger Fabre, avant de devenir la propriété, tout récemment d’Alix et Hugues Fougeron.

Alix et Hugues Fougeron, propriétairesBien décidés à s’y installer à temps plein dès cet été avec leurs deux enfants, Alix et Hugues, (qui n’est autre que l’arrière petit fils d’Henri Fabre), sont littéralement tombés amoureux de la bâtisse. « Elle a toujours fait partie de mon imaginaire quand je venais rejoindre mes cousins en vacances entre Lumbin et Saint Bernard du Touvet » souligne Hugues qui s’attelle aux premiers travaux nécessaires à l’installation de sa famille. « Nous souhaitons retaper cette maison en prenant le temps, c’est un projet à long terme dans lequel nous voulons nous impliquer pleinement ». Animés par l’envie de restaurer ce lieu chargé d’histoire, Hugues et Alix sont pressés de vivre enfin dans les murs. Ils sont convaincus d’être heureux pour longtemps sur la commune, vu « l’accueil super chaleureux réservé par leurs nouveaux voisins » s’exclament-ils. Mais l’heure est avant tout aux travaux de 1ère nécessité qui seront peut être l’occasion de découvrir un passage secret ou de croiser, qui sait,. le regard malicieux d’un petit fantôme occupant !

La Terrasse et les terrassons

La commune de La Terrasse est nichée au cour de la vallée du Grésivaudan. L’histoire de ses habitants, inextricablement liée à celle du village, mérite votre attention. Laissez nous vous la raconter.

Le temps des Allobroges

Il est difficile de savoir qui furent les premiers habitants du village. Les allobroges, peuple gaulois venu d’ailleurs (ils parlent le celte) se sont installés dans la vallée du Grésivaudan à partir du IVe siècle avant notre ère. Ils sont connus pour être de rudes guerriers, des mercenaires diront certains. Mais on leur reconnait d’être de bons agriculteurs.. Les allobroges sont longtemps des rebelles à l’autorité romaine. Mais Jules César a raison de ces redoutables guerriers en 58 avant Jésus-Christ. Sous l’influence de la civilisation romaine, le celte est remplacé par le latin populaire.

Les hommes d’église

L’église primitive aurait été construite au XIIe siècle et tient son nom de son premier curé. Saint Aupre, fils de bonne famille, vit au VIIe siècle de notre ère. L’évèque Clarus lui confie la paroisse de La Terrasse. Les historiens relatent son dévouement sans faille. Cela ne l’empêche pas d’être en butte aux calomnies. Il finit par quitter le village. De façon plus cocasse, l’Évèque de Grenoble en visite dans notre village en 1399, s’aperçoit que le curé en titre se fait remplacer par un vicaire sourd qui délègue sa charge à un autre vicaire porté sur la boisson.

Un regroupement de hameaux

La Terrasse est un regroupement de six hameaux. Le plus ancien est probablement le hameau de la Mure (il existe déjà en 1262). Le Carre, Montabon et les Combes sont plus tardifs (XIVe siècle). Les hameaux sont dispersés, ce qui favorise la cuture des terres et celle du chanvre. Le climat, quant à lui, bénéficie aux vignes. Elles occupent le coteau et fournissent aussi bien les hôpitaux de Grenoble que les militaires. Le village compte, à la veille de la révolution, un peu plus de 800 habitants.

Des Terrassons dans l’histoire

Alexis François Pison du Galland, natif de La Terrasse (1747-1826) et député du Dauphiné prend part aux évènements révolutionnaires. La France est en déficit et le peuple refuse désormais de payer seul les impôts. Certains députés du Tiers État, dont notre Terrasson, prennent fait et cause pour les plus démunis. Il participe à la naissance de l’Assemblée Nationale et apporte sa contribution à la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. Joseph Ricci, maire de La Terrasse ouvre pour l’essor du village. Sous son impulsion la commune est devenue une station thermale (1875). Il est à l’origine de la création de la ligne de Tramway Grenoble-Chapareillan qui a pour objectif de transporter visiteurs et curistes.

La Terrasse à l’épreuve des conflits

Le village paie son tribut aux guerres qui suivent la révolution. Le conflit armé avec l’Autriche (1792) coûte la vie à 7 villageois. Trente des nôtres ne survivent pas à la Première guerre mondiale (1914-1918). La Seconde guerre mondiale voit naître le maquis du Grésivaudan et ses héros : Jacolin AIME livre des armes dans la plus grande discrétion. Messieurs ANDRU (maire de l’époque) et VAUSSENAT (instituteur) protègent les maquisards.

La création d’une base de loisirs

Sous l’impulsion du maire Marcel Guichard, se crée en 1968 une base de loisirs « le lac de La Terrasse » qui depuis près de 50 ans attire touristes et estivants. Roger Dubois assure pendant des années la gestion de la plage et de la buvette pendant les saisons d’été. L’histoire de notre village continue à travers celle du lac. Cette petite commune nichée au cour du Grésivaudan a su profiter de l’essor de la ville de Grenoble tout en gardant son esprit « village ». Elle reste accessible à ceux qui désirent la connaître. Tel est l’objectif que nous nous sommes fixés.

Le patrimoine vernaculaire

Avec 2 maisons fortes, 3 magnaneries, 1 église (XIIIe – XVIIe siècles), 1 château (XIVe – Xe s), les ruines du château Delphinal (Xe – XIe siècle), 1 chapelle du XIXe siècle, 1 ancien institut thermal (1894-1935), 1 moulin sur les 3 ayant existé (aujourd’hui restauré en maison d’habitation), notre village possède un riche patrimoine bâti.
Plus discret, mais tout aussi important est le petit patrimoine aussi appelé patrimoine vernaculaire. Tour d’horizon…

Les bassins

Le premier bassin situé au carrefour de la rue de l’Orme et de la rue du Port Saint-Gervais fut érigé en 1782 pour l’usage des habitants et des animaux. Sa fontaine palliait les tarissements du ruisseau pendant l’été.

Le bassin de la rue chaude, comportant un abreuvoir et un lavoir, est le plus grand du village. D’après les anciens, la rue doit son nom à la température de l’eau du bassin durant l’hiver.

Tout au long du XIXe siècle, les 13 bassins de La Terrasse ont apporté l’eau au cœur des différents quartiers, à une époque où les habitations n’avaient pas l’eau courante.

Longtemps lieux de rencontre et de sociabilité, ils continuent d’offrir fraîcheur et sérénité dans la torpeur de l’été.

Les croix

Les croix ont été érigées lors du renouveau du culte catholique suite à la Restauration de 1815, après la période révolutionnaire.

Les anciennes bornes royales

L’avenue de Savoie se situe sur le tracé de l’ancien ne route reliant le Dauphiné à la Savoie. Cette route, d’ importance stratégique, était j a l o n n é e d e bornes royales. Dans la partie la plus ancienne du bourg, l’on trouve un bel exemple de borne historique. Près du numéro 446, devant une belle maison datée de 1686, une borne indique depuis des siècles la distance jusqu’à Grenoble. Sur le fût rectangulaire figure le chiffre 12. Mais pourquoi 12, alors que Grenoble est à 24 kilomètres ? Avant le kilomètre, introduit après la Révolution, la distance était exprimée en lieues de Paris, mesurant près de deux kilomètres. Il ne reste plus qu’à chausser les bottes de sept lieues !

Les cadrans solaires

Les plus anciens modèles ont été trouvés en Égypte et les hommes se servaient de cet objet pour se repérer dans le temps jusqu’à l’invention des horloges mécaniques. Le temps est indiqué par rapport à la position d’une ombre sur le cadran, cette position étant liée à celle du soleil. L’ombre est créée à l’aide d’un objet vertical que l’on nomme le gnomon ou style et qui peut avoir des formes différentes. C’est la taille et la direction de cette ombre qui indiquent l’heure.

Les celliers

Chaque vigneron possédait un cellier construit en pierres du pays qui permettait de ranger les outils, le pressoir. Le cellier comportait souvent une citerne pour collecter l’eau de pluie.

Profitez de l’été indien pour flâner dans le bourg et ses hameaux. Vous découvrirez les vieux murs, les portes anciennes aux encadrements taillés, les linteaux sculptés et/ou datés, les fenêtres à meneaux, les fours banaux, les chasse-roues… ouvrez l’œil à la découverte de ce petit patrimoine commun !

Mayeu Passa (1921-1991)

Portrait d’un peintre et poète qui résida une grande partie de sa vie sur les hauteurs de La Terrasse et dont les lithographies se vendent aujourd’hui encore dans les galeries d’art parisiennes et new-yorkaises.
Autodidacte, passionné d’art, cet héritier de Paul Klee, Georges Braque ou Henri Matisse – il a brièvement croisé la route de ce dernier dans sa jeunesse – Mayeu Passa pose la couleur, expérimente le signe, invente un langage… Une écriture faite de hiéroglyphes et d’aplats colorés qu’il ne cesse d’explorer jusqu’à la fin de sa vie en 1991.

Le vieil hibou

Originaire de Provence, c’est un séjour prolongé au sanatorium de Saint Hilaire du Touvet qui l’amène dans la région. Accompagné de sa femme Mathilde, à qui l’ensemble de son oeuvre est grandement voué, il acquiert une petite maison perchée sur les coteaux de La Terrasse. C’est là qu’il y installera son atelier.

Peinture, poésie, lithographie,… La production de l’artiste, qui ne cesse de remettre en question son travail, est immense. Il réalise régulièrement des affiches pour les manifestations culturelles de la commune, bien que pas toujours compris par les associations artistiques locales, comme le relate dans un article du journal Le Monde, la journaliste Nicole Cabret. Celle-ci y raconte l’extraordinaire ascension du peintre dans le milieu de l’art New-Yorkais. Une reconnaissance méritée due en grande partie à Jacqueline et Yves Chapron, qui encouragèrent sa rencontre avec des galeristes de renom, dont Kenneth Nahan. Le célèbre galeriste new-yorkais comprend très vite la puissance de l’oeuvre de Mayeu et décide de promouvoir son travail.

Une révélation tardive qui l’amènera à exposer également à Tokyo et que le « vieil Hibou » (à gauche), comme il s’appelait lui-même, qualifiera de « vie supplémentaire ». Une renaissance qu’il ne vivra malheureusement que peu de temps, bien vite rattrapé par ses soucis de santé, puisqu’il décède en 1991dans le taxi du retour, juste après avoir signé des lithographies à Paris.

En 2007 une grande exposition lui est consacrée à l’église et à la chapelle de La Terrasse, lors des journées du patrimoine. Cette exposition met en résonance ses oeuvres, dont certaines n’avaient jamais été dévoilées, avec des œuvres d’artistes contemporains et un concert de jazz (à gauche) , musique qu’il affectionnait particulièrement.

Concert organisé en 2007 à l’église de La Terrasse lors de l’exposition « Mayeu Passa »

Retour sur cette aventure par Yves et Jacqueline Chapron qui se remémorent avec plaisir cette épopée un peu folle :

« Ça a été une aventure absolument extraordinaire »… « C’est un vrai style nouveau que Mayeu a été capable d’exprimer… plus sa production était fournie, plus la qualité de son travail augmentait ». « La reconnaissance du
caractère novateur de son art dans le New York Times a été pour lui un vrai déclencheur et nous sommes heureux d’avoir pu assister à ça ». « C’était un Poète, bien enraciné dans sa vie, son pays et son art ».

Un atelier perché sur la colline. Rencontre avec Stéphanie Passa, sa petite fille, qui réside aujourd’hui dans la maison du peintre.

« J’ai passé beaucoup de temps avec mes grands-parents durant mon enfance et trois choses m’ont particulièrement marquée à leur contact : la place prépondérante que prenait l’art et la peinture dans la vie de
mon grand père, au détriment même parfois du confort de cette maison ; leur curiosité insatiable à tous deux vis-à-vis Mayeu Passa lors d’un vernissage à New York (avec Jacqueline Chapron sur la droite)de toutes formes de culture et l’amour inconditionnel que portait Mathilde à Mayeu » témoigne Stéphanie, admirative de cet homme autodidacte, à la fois dur et sensible, parti de rien qui a persévéré dans un art longtemps incompris avant de connaître la consécration. « Un joli pied de nez au destin » nous dira Stéphanie pour ce couple que rien
n’aurait destiné à se rencontrer. Marqué par une santé fragile, il a reçu par trois fois l’extrême onction avant l’âge de 18 ans pour épouser plus tard Mathilde affectée, elle aussi, d’une malformation cardiaque qui ne la prédestinait pas à vivre longtemps.

Dédale, une œuvre du peintre

« Je n’ai pas de message à délivrer, la clé ce n’est pas moi qui la possède, ce sont mes peintures qui s’ouvrent pour ceux qui les aiment, ou restent fermées, pour ceux que leur contenu laisse indifférents ». Mayeu Passa

La Terrasse « Lieu de mémoire »

Exposition colloque « Un jour ils sont venus » Le 5 mars 1944 des enfants juifs et leurs parents sont arrêtés à La Terrasse. Cette rafle a été sortie de l’oubli et commémorée par une mosaïque posée le 8 mai 2012 sur un mur de l’école où les enfants ont été raflés. À partir de là, un travail de recherche initié par Monsieur Serge Mérendet ancien directeur de l’école primaire et par Madame Corinne Chaussabel artiste, dans les souvenirs des anciens et dans les archives pour aboutir au projet : « La Terrasse, Lieu de mémoire » Mémoire des disparus, de ceux qui ont survécu et de ceux qui les ont soutenus. Diaporamas des intervenants, en lien avec le programme :

  • Introduction, chronologie historique : Didier Latosi, professeur d’histoire
  • Souvenirs : Jean Claude Lescure, Professeur des Universités, historien, chercheur au Centre d’Histoire de l’Europe. Lauréat du Prix de la Mémoire du B’nai B’rith France – 2018
  • Travail de Mémoire pour une micro histoire des enfants dans la Shoah : Sylvie Altar, Docteur en histoire contemporaine, chercheure associée au Laboratoire de recherche historique Rhône Alpes Université Lyon 2

Page mise à jour le 30 juillet 2019