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La Terrasse > Il était une fois ...

>> Mayeu PASSA 51921-1991-

Portrait d’un peintre et poète qui résida une grande partie de sa vie sur les hauteurs de La Terrasse et dont les lithographies se vendent aujourd’hui encore dans les galeries d’art parisiennes et new-yorkaises.
Autodidacte, passionné d’art, cet héritier de Paul Klee, Georges Braque ou Henri Matisse - il a brièvement croisé la route de ce dernier dans sa jeunesse - Mayeu Passa pose la couleur, expérimente le signe, invente un langage… Une écriture faite de hiéroglyphes et d’aplats colorés qu’il ne cesse d’explorer jusqu’à la fin de sa vie en 1991.


le vieil hibou
Originaire de Provence, c’est un séjour prolongé au sanatorium de Saint Hilaire du Touvet qui l’amène dans la région. Accompagné de sa femme Mathilde, à qui l’ensemble de son oeuvre est grandement voué, il acquiert une petite maison perchée sur les coteaux de La Terrasse. C’est là qu’il y installera son atelier.

Peinture, poésie, lithographie,… La production de l’artiste, qui ne cesse de remettre en question son travail, est immense. Il réalise régulièrement des affiches pour les manifestations culturelles de la commune, bien que pas toujours compris par les associations artistiques locales, comme le relate dans un article du journal Le Monde, la journaliste Nicole Cabret. Celle-ci y raconte l’extraordinaire ascension du peintre dans le milieu de l’art New-Yorkais. Une reconnaissance méritée due en grande partie à Jacqueline et Yves Chapron, qui encouragèrent sa rencontre avec des galeristes de renom, dont Kenneth Nahan. Le célèbre galeriste new-yorkais comprend très vite la puissance de l’oeuvre de Mayeu et décide de promouvoir son travail.

Une révélation tardive qui l’amènera à exposer également à Tokyo et que le « vieil Hibou » (à gauche), comme il s’appelait lui-même, qualifiera de « vie supplémentaire ». Une renaissance qu’il ne vivra malheureusement que peu de temps, bien vite rattrapé par ses soucis de santé, puisqu’il décède en 1991dans le taxi du retour, juste après avoir signé des lithographies à Paris.

En 2007 une grande exposition lui est consacrée à l’église et à la chapelle de La Terrasse, lors des journées du patrimoine. Cette exposition met en résonance ses oeuvres, dont certaines n’avaient jamais été dévoilées, avec des oeuvres d’artistes contemporains et un concert de jazz (à gauche) , musique qu’il affectionnait particulièrement.

Concert organisé en 2007 à l'église de La Terrasse lors de l'exposition "Mayeu Passa"

Retour sur cette aventure par Yves et Jacqueline Chapron qui se remémorent avec plaisir cette épopée un peu folle :

« Ça a été une aventure absolument extraordinaire »… « C’est un vrai style nouveau que Mayeu a été capable d’exprimer,… plus sa production était fournie, plus la qualité de son travail augmentait ». « La reconnaissance du
caractère novateur de son art dans le New York Times a été pour lui un vrai déclencheur et nous sommes heureux d’avoir pu assister à ça ». « C’était un Poète, bien enraciné dans sa vie, son pays et son art ».

Un atelier perché sur la colline. Rencontre avec Stéphanie Passa, sa petite fille, qui réside aujourd’hui dans la maison
du peintre.

« J’ai passé beaucoup de temps avec mes grands-parents durant mon enfance et trois choses m’ont particulièrement marquée à leur contact : la place prépondérante que prenait l’art et la peinture dans la vie de
mon grand père, au détriment même parfois du confort de cette maison ; leur curiosité insatiable à tous deux vis-à-vis Mayeu Passa lors d'un vernissage à New York (avec Jacqueline Chapron sur la droite)de toutes formes de culture et l’amour inconditionnel que portait Mathilde à Mayeu » témoigne Stéphanie, admirative de cet homme autodidacte, à la fois dur et sensible, parti de rien qui a persévéré dans un art longtemps incompris avant de connaître la consécration. « Un joli pied de nez au destin » nous dira Stéphanie pour ce couple que rien
n’aurait destiné à se rencontrer. Marqué par une santé fragile, il a reçu par trois fois l’extrême onction avant l’âge de 18 ans pour épouser plus tard Mathilde affectée, elle aussi, d’une malformation cardiaque qui ne la prédestinait pas à vivre longtemps.




Dédale, une oeuvre du peintre
« Je n’ai pas de message à délivrer, la clé ce n’est pas moi qui la possède, ce sont mes peintures qui s’ouvrent pour ceux qui les aiment, ou restent fermées, pour ceux que leur contenu laisse indifférents ». Mayeu Passa

à gauche : Dédale, une oeuvre du peintre.


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