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La Terrasse > Il était une fois ...

>> Hélène CHEVRIER (1856 - ?)

photo d'Hélène Chevrier La Terrasse, comme toutes les communes environnantes, compte des célébrités. Néanmoins, l'histoire de cette enfant du hameau de la Combe, à la voix exceptionnelle, est à la fois romanesque et insolite. Revenons au 19ème siècle et reprenons le fil de l'histoire.

Une enfance à la campagne
C'est en 1856 qu'Hélène Chevrier vient au monde. Elle voit le jour au hameau de la Combe à La Terrasse. La seconde moitié du 19ème siècle voit l'essor industriel de la rive gauche de la vallée du Grésivaudan. Sous l'impulsion d'Aristide Berges qui exploite l'énergie hydro-électrique de nombreuses scieries, des papeteries s'implantent sur l'autre versant. La rive droite reste un espace agricole replié sur lui-même. Le grand père d'Hélène est cultivateur. Les céréales et pommes de terre constituent l'alimentation de base. Les coteaux sont le royaume des vignes et des arbres fruitiers. Le chanvre quant à lui est commercialisé. Le docteur Ricci, autre célébrité locale exerce dans la région et réalise un mandat d'adjoint au maire en attendant de devenir le premier édile du village.

Une soprano à l'Opéra-comique
L'enfant a une voix exceptionnelle ce qui lui vaut d'être remarquée par une dame qui favorise son éducation artistique. Elle monte à Paris. Charles Gounod en fait sa prima donna et lui donne en 1877 le rôle de Marie de Gonzague dans son drame lyrique « CINQ MARS ». Ce drame en quatre actes réunit les caractères de l'opéra-comique et de l'opéra historique. L'histoire est celle des amours contrariées de Cinq Mars et Marie de Gonzague victimes des machinations de Richelieu. La prestation d'Hélène attire les louanges de la critique. Ne dit-on pas d'elle qu'elle s'est tirée adorablement de cette rude épreuve ? Sa voix pénétrante et sonore lui vaut de se produire 6 fois à l'Opéra-comique et ce jusqu'en 1880.

Photo d'Hélène ChevrierUn retour aux sources
La vallée du Grésivaudan ramène parfois à elle ses enfants. Allevard jouit dès la création de son établissement thermal en 1836 d'une grande notoriété pour les soins accordés aux cordes vocales. Hélène revient chaque année se soigner. Elle se produit au Casino théâtre ou dans le parc thermal sous le kiosque à musique. Elle croise le destin d'Alphonse Daudet en 1879. Une idylle se noue-t-elle entre le romancier et la cantatrice ? Quelques dîners en ville, des balades en calèche laissent supposer une proximité quelle qu'en soit la nature. La critique littéraire n'hésitera pas à reconnaître l'artiste sous les traits de Mademoiselle BACHELLERY une des héroïnes du roman Numa ROUMESTAN (sorti en 1881). L'histoire décrit les aventures d'un homme politique méridional pris dans un engrenage de mensonges qui le conduira à sa perte. L'intrigue se déroule en partie à Allevard.

Une disparition inexpliquée
L'histoire d'Hélène s'arrête brutalement. Au hasard de la toile, certains internautes essaient vainement d'en savoir plus. Qu'est-il arrivé à la cantatrice ? Elle continue sa carrière jusqu'en 1880, donne un dernier concert à Grenoble et puis plus rien. Destin brisé ? Changement de vie ? Certaines hypothèses circulent. Elle aurait émigré vers le Nouveau Monde. Le secret, s'il est connu par certains, reste à ce jour bien gardé. Hélène Chevrier fait partie intégrante de l'histoire de La Terrasse. Les sites sur la toile font allusion à sa carrière, aux ouvres auxquelles elle a participé. Elle n'en demeure pas moins une des plus mystérieuses jeunes femmes auxquelles il peut être donné de s'intéresser. Libre aux mélomanes de pousser l'enquête !

Photo tirée du livre "101 personnages célèbres du Grésivaudan" de Georges Salamand et de Claude Muller, avec l’aimable autorisation des auteurs.

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